Ne supprimez rien, ne restaurez rien
Le premier réflexe est souvent d'effacer les fichiers suspects ou de restaurer la sauvegarde de la semaine dernière. C'est le meilleur moyen d'être repiraté. Les fichiers modifiés, les comptes créés et les journaux du serveur sont les seules traces du chemin pris par l'intrus : sans elles, impossible de savoir quelle porte fermer. Et la sauvegarde restaurée contient souvent la même faille, parfois l'intrus lui-même.
Notez l'heure
Notez le jour et l'heure de la découverte, et ce que vous avez vu. Si des données personnelles ont pu fuiter, cette heure fait courir le délai de 72 heures pour prévenir la CNIL. Elle servira aussi à votre hébergeur, à votre assureur et, le cas échéant, à la police. Faites des captures d'écran : la redirection, l'avertissement, le message de l'hébergeur.
Décidez s'il faut couper le site
Tous les piratages n'imposent pas de fermer le site. La seule question : vos visiteurs sont-ils en danger ?
- Coupez si le site redirige vers d'autres sites, propose un téléchargement, affiche une fausse page de connexion ou de paiement, ou si vous vendez en ligne et que la page de commande a pu être modifiée.
- Vous pouvez laisser en ligne le temps d'agir si l'intrusion se limite à des pages de spam ajoutées pour Google ou à un compte inconnu, sans effet visible pour vos visiteurs.
Pour couper proprement, demandez à votre hébergeur de suspendre le site, ou remplacez temporairement la page d'accueil par une page de maintenance depuis votre espace d'hébergement. Ne comptez pas sur une extension de maintenance installée dans WordPress : si l'intrus contrôle WordPress, il contrôle aussi l'extension.
Faites une copie de l'état actuel
Avant de modifier quoi que ce soit, gardez une copie complète du site tel qu'il est : tous les fichiers et la base de données. La plupart des hébergeurs le permettent en quelques clics depuis leur espace client. Sinon, téléchargez les fichiers par FTP et exportez la base depuis phpMyAdmin. Rangez cette copie à part, sous un nom sans ambiguïté, par exemple « copie piratée du 18 octobre, ne pas restaurer » : c'est une pièce à conviction, pas une sauvegarde.
Récupérez aussi les journaux d'accès du serveur des derniers jours, depuis votre espace d'hébergement ou en les demandant à votre hébergeur. Beaucoup d'hébergeurs ne les gardent que quelques jours, et ce sont eux qui montrent par où et quand l'intrus est entré.
Un cas que nous avons traité
Sur une boutique en ligne, un intrus était entré de nuit par un module d'affichage et s'était créé un compte administrateur. Après une sauvegarde de l'état du site, nous avons analysé 2,6 millions de lignes de journaux, corrigé la faille sur une copie identique puis en ligne, sans interrompre les ventes, et changé le mot de passe de la base. Aucun numéro de carte n'était lisible, et le rapport retrace l'intrusion à la minute près. Sans les journaux, rien de cela n'aurait été possible.